La responsabilité sociétale des entreprises (RSE)

La responsabilité sociale ou sociétale de l’entreprise (RSE) a fait l’objet de nombreuses définitions qui varient fort en fonction de l’époque et de la culture. Le concept de RSE remonte à la fin du 19ième siècle aux Etats-Unis où la philanthropie est promue parmi les entrepreneurs. La RSE se développera surtout dans l’après-guerre sous le nom de « Corporate Social Responsibility » (CSR). La paternité du concept est attribuée à Howard Bowen qui publie en 1953 son livre « Social Responsibilities of the Businessman ».

Plusieurs définitions sont ensuite proposées, notamment par Jones en 1980 : la responsabilité sociétale est « [l’idée] selon laquelle les entreprises, au delà des prescriptions légales ou contractuelles, ont une obligation envers les acteurs sociétaux ». Le débat est parfois virulent, par exemple lorsque l’économiste néo-libéral Milton Friedman déclare en 1970 que « la seule responsabilité sociale de l’entreprise est de maximiser le profit pour les actionnaires ».

Ce n’est que récemment que la « vague RSE » a touché l’Europe. En 2001, la Commission Européenne a publié un livre vert sur la RSE dans lequel elle propose la définition suivante : « La RSE est le concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire ».

Cette définition a inspiré les travaux du CIDD (3) en Belgique, dont le résultat est le fruit d’un long travail de consultation des acteurs académiques et de terrain : « La responsabilité sociétale des entreprises est un processus permanent d’amélioration dans le cadre duquel les entreprises intègrent de manière volontaire, systématique et cohérente des considérations d’ordre social, environnemental et économique dans la gestion globale de l’entreprise; à cet égard, la concertation avec les parties prenantes de l’entreprise fait partie intégrante du processus ».

Une question qui s’est posée en Belgique et ailleurs est le champ d’application de la responsabilité sociale : s’applique-t-elle uniquement aux entreprises « classiques » où concerne-t-elle les organisations en général, comme les associations sans but lucratif ou même les pouvoirs publics? Etant donné les nombreux liens qui unissent les différents types d’acteurs économiques, il semble que la RSE ne puisse être confinée à la seule sphère des entreprises à but lucratif (Huybrechts et al., 2006). Plus particulièrement, les organisations d’économie sociale apparaissent à la fois comme :

  • Des moteurs de la RSE, tant par leur travail de dénonciation des pratiques « irresponsables » qu’à travers les nombreux partenariats qui les lient à des entreprises (certification et accompagnement de démarches de RSE, philanthropie,…).
  • Des sujets de la RSE qui, malgré leurs statuts a priori vecteurs de responsabilité sociale, ne sont pas dispensés d’une réflexion permanente sur l’adéquation entre leurs objectifs sociaux et environnementaux et leurs pratiques concrètes.

Sites :

Références :

  • Gond, J.-P., Mullenbach, A., « Les fondements théoriques de la responsabilité sociale de l’entreprise », in Revue des Sciences de Gestion, 205, 93-116, 2006
  • Huybrechts, B., Mertens, S., Xhauflair, V. , « Les interactions entre l’économie sociale et la responsabilité sociale des entreprises. Illustration à travers la filière du commerce équitable », in Revue Internationale de Gestion, 31(2), 65-74, 2006
2018-04-04T14:08:20+00:00 décembre 20th, 2017|